deux-trois trucs me dérangent dans la manière dont notre sport est considéré. L'action des dirigeants, le traitement médiatique de notre passion et les discours de la plupart des gens "qui comptent" dans ce milieu montrent une chose : jamais on ne parle du Basket-ball. Chacun parle d'un type de basket. Comme si notre sport et sa communauté étaient divisés en castes : basketteurs de clubs, joueurs de rue, filles, fans de NBA, fans de Pro A, etc... Les différentes approches du basket sont bien cloisonnées par des acteurs qui peuvent ainsi tranquillement créer des groupes de consommateurs, des marchés, et vivre tranquillement de ce sport.
Oui, le basket existe sous différentes formes, peut être joué en différents lieux et dans des contextes différents. Mais ces différentes pratiques ne sont pas exclusives les unes des autres. Alors que d'incroyables synergies et apports mutuels devraient exister entre elles, la manière dont notre sport est considéré actuellement empêche son développement, fait de lui un sport faible, éparpillé. Le fan de pro A ne pourrait pas être un joueur de rue ? Un fan de NBA serait forcément insensible à Bodiroga ? Une joueuse de club n'aurait pas le droit d'assister au And 1 Mixtape Tour ou au Battleground ?
Conneries... Que ce soit à l'Astroballe ou à Rucker, que ce soit Cathy Melain face à Ilona Korstine ou 6-Kay face à Amara, que Skip to My Lou soit confronté à Bone Collector à Harlem ou à Billups à Auburn Hills, que je sois en Honneur Départementale, Excellence Région, N3 ou au Champ de Mars, la finalité reste la même. Mettre ce foutu ballon dans ce putain de cercle. Et prendre du plaisir à le faire.
Parce que les dirigeants et les médias, pour des raisons financières et économiques, ne veulent ou ne peuvent traiter le basket comme une culture globale, mais comme un ensemble de castes qui ne doivent pas se rencontrer.
Pour rappeler à chacun que des gens comme Moustapha Sonko ont montré que la rue et le club pouvaient s'allier pour produire du très haut niveau. Moustapha est un précurseur et aurait dû être le symbole des liens existant entre différents baskets. Mais après quelques mois à surfer sur une vague qu'ils n'ont pas su comprendre et entretenir, les relais médiatiques ont disparu.
Pour affirmer qu'Amara Sy doit être le nouveau porte-drapeau de ce combat visant à décloisonner les baskets.
Pour clamer haut et fort que le basket structuré a beaucoup à donner à la rue, tout comme celle-ci a une part prépondérante dans la manière dont le basket est joué aujourd'hui au plus haut niveau, comme le montre notre dossier sur la rue new-yorkaise .
Pour prouver que le spectacle ne se produit pas dans la rue uniquement et peut aussi se conjuguer avec très haut niveau .Pour souligner que le potentiel incroyable de la rue est une vraie bénédiction pour le basket. Levallois l'a compris . D'autres clubs évoluent également depuis quelques temps.
Pour affirmer le basket en tant que culture qui doit s'enrichir des différentes opinions et approches, et non en mourir. Qui doit célébrer ses mythes, ses légendes, ses grandes Histoires, son Histoire, et non quelques histoires vendeuses. Qui doit savoir évoluer et s'adapter sans jamais renier, ni oublier son passé.
Mais si les décideurs et les médias traditionnels continuent de se voiler la face, nous serons toujours là, sur basketsession.com et dans les pages de Reverse, pour défendre cette vision et donner aux acteurs du basket, de tous les baskets, un véritable espace d'expression, sans barrière, sans a priori, sans contrainte.